huiles minérales - l’Anses confirme leur danger pour la santé

Deux ans après sa saisine, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a rendu public son rapport sur la migration des huiles minérales dans les denrées alimentaires. L’Anses estime nécessaire de protéger les consommateurs contre les dangers que représentent ces dérivés d’hydrocarbures, invisibles à l’œil nu mais bien présents dans nos aliments. L’Agence confirme le caractère mutagène, cancérogène et perturbateur endocrinien des huiles minérales qui migrent des emballages papier et carton vers les denrées alimentaires. Suite à l’alerte lancée par Foodwatch en 2015, les ministères en charge de ce dossier en France – santé, économie et environnement – temporisaient en attendant l’avis de l’Agence pour agir. Publié le 9 mai dernier, celui-ci est sans appel : il faut prendre des mesures sans tarder. Pour Foodwatch, les nouveaux ministres devront s’y atteler de toute urgence.

En Europe, Foodwatch avait testé plus d’une centaine d’aliments de grande consommation en Europe en octobre 2015 et révélé que plus de 60 % des denrées achetées en France contenaient ces hydrocarbures aromatiques d’huiles minérales (MOAH), catégorie la plus dangereuse.

L’Anses recommande sans attendre l’utilisation de barrières permettant de limiter la migration des huiles minérales de l’emballage vers les aliments : « Il conviendrait d’utiliser des barrières dont l’efficacité a été reconnue et préalablement testée selon une méthodologie suffisamment robuste comme celle proposée par Biedermann-Brem et Grob », deux experts mondiaux sur le sujet. Ces barrières consistent en une couche intégrée à l’emballage.

Dans une pétition adressée à la Commission européenne signée par plus de 122 000 personnes, Foodwatch appelle à rendre ces barrières obligatoires partout en Europe. Le nouveau gouvernement français va donc devoir se saisir du sujet : « L’avis de l’Anses confirme qu’il ne faut plus tergiverser. Les autorités publiques doivent protéger la santé des consommateurs par des mesures urgentes », précise Karine Jacquemart, directrice de Foodwatch France.

Pour André Cicolella, toxicologue et président du Réseau Environnement Santé, « nous disposons de suffisamment de données toxicologiques pour légiférer, alors qu’attend-on ? De plus, il faut être cohérent avec la stratégie nationale pour réduire l’exposition de la population aux perturbateurs endocriniens ».

En novembre 2016, Foodwatch France avait annoncé que six grands noms de la distribution – E.Leclerc, Carrefour, Lidl, Intermarché, Casino et Système U – avaient pris les devants, sans attendre une décision politique qui tardait à venir, et s’étaient engagés contre la contamination dans les produits de leur marque distributeur.