BILLET

COVID et modestie

Jean-Pierre Camo

12/2020

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Nous avons toujours défendu l’idée qu’une alimentation et une hygiène de vie saines étaient le plus à même de renforcer notre système immunitaire. Et il est largement établi que les personnes les plus exposées à la Covid sont bel et bien celles dont le système immunitaire est affaibli. Mais n’allez pas croire qu’une alimentation bio, à dominante végétale et peu transformée, telle qu’elle est promue par Santé publique France, une manière de se soigner à base de méthodes naturelles, une bonne activité physique et un état d’esprit positif suffiront à nous prémunir du virus. En effet, la santé parfaite n’a jamais existé et n’existera jamais. La santé dépend d’une multitude de facteurs que nous ne pouvons pas toujours maîtriser. Exemples. La pollution de l’air. Si nous habitons près d’un site industriel, d’une autoroute, dans une vallée polluée, nous ne nous oxygénerons pas correctement (et absorberons mal le prana, le « souffle vital » contenu dans l’air et cher aux hindouistes). La qualité de l’eau du robinet, archi traitée pour être potabilisée mais franchement pas « vitalisante ». La proximité d’une antenne-relais (et bientôt 5G !). Le stress et le manque de sommeil liés à notre activité professionnelle et le temps passé (perdu ?) dans les transports. Ou encore des conflits personnels non résolus qui empoisonnent notre existence, au point de bloquer notre processus de guérison… Enfin, rappelons que nous ne sommes pas tous nés avec le même capital immunitaire… De plus, il ne suffit pas de répéter à tous vents qu’il faut manger et vivre sainement pour que tout le monde s’y mette ! La Covid-19 a fait basculer un million de personnes supplémentaires dans la précarité, dont bon nombre affluent bien malgré elles vers les centres d’aide alimentaire. Où l’on distribue des aliments certes de première nécessité et bon marché, mais ne répondant pas forcément aux standards d’une alimentation « bio, à dominante végétale et peu transformée ». La conscience que nous sommes les premiers acteurs de notre propre santé, bien que de plus en plus répandue, n’a pas encore traversé toutes les couches sociales, chez qui ce message n’est pas perçu comme une priorité. Et que penser des publicités diffusées sur les grandes chaînes de télévision, influençant un large public, qui véhiculent des messages à contre-courant d’une saine hygiène de vie : aliments ultra-transformés, quasi vides de nutriments et très probablement porteurs de traces de pesticides, incitations au grignotage, médicaments de synthèse pour soulager un symptôme ou une douleur, gadgets électroniques pourvoyeurs d’ondes, cosmétiques bourrés d’ingrédients de synthèse et souvent inutiles… Prendre sa santé en main, cent fois oui. Mais penser que cela nous immunisera à coup sûr contre la Covid, non ! Au final, restons modeste et respectons les gestes barrières, même si cela heurte momentanément notre légitime besoin de liberté.

 

 

 

Erratum

Dans notre dossier d’octobre dernier, consacré au microbiote intestinal, une faute de frappe s’est glissée dans l’article de Delphine Bonnaud (« Notre psychisme en dépend-il ?) ». Il fallait lire « Les meilleurs prébiotiques sont l’inuline (et non l’insuline) et les fructo-oligosaccharides (FOS) ».