Le rendez-vous du mois

Sophia Lakhdar

Pouvez-vous nous retracer l’historique de l’association ?

L’association a été créée en 2004 par Hugues Toussaint, l’un des fondateurs de Biocoop. Il souhaitait qu’une association de consommateurs leur permette de faire valoir leurs positions et exprimer leur voix en aval de la chaîne d’approvisionnement : de la fourche à la fourchette.

Le nom Bio consom’acteurs amalgame trois concepts : bio, consommation et action. En quoi sont-ils indissociables ?

Nous consommons toutes et tous au quotidien pour manger ou nous vêtir. C’est par la consommation que nous détenons le pouvoir, celui d’acheter ou non un produit. La consom’action est donc un mode d’achat qui permet d’acheter des produits dont les processus de fabrication sont régis par des considérations environnementales et sociales. Mais entre la consommation et la bio, il y a aussi l’action, celle de faire des choix en adéquation avec le respect de la biodiversité, nous parlons alors de bio consom’action.

Qui sont les membres de votre équipe, comment fonctionnent vos relais locaux ?

Notre équipe opérationnelle est composée de deux salariées : Julie Potier, directrice, et Gaëlle Rubeillon, chargée de mission, ainsi que de deux personnes en service civique. Les relais locaux sont des personnes physiques ou des associations qui souhaitent faire partie de notre réseau. Ils agissent dans différentes régions pour porter l’action de Bio Consom’acteurs du national vers le local.

En quoi consiste votre projet « Nos cantines engagées pour le climat », qui va s’étaler sur toute l’année 2019 ?

Ce nouveau projet vise à accompagner la restauration collective scolaire vers des repas durables, bas carbone et nutritionnellement équilibrés avec deux territoires tests. L’objectif final est d’éditer un guide méthodologique fin 2019 pour accompagner toutes les collectivités.

Bio Consom’acteurs participe à l’état des lieux des pratiques de la restauration collective en milieu scolaire, en allant à la rencontre des différents acteurs, pour identifier les freins et les bonnes pratiques afin d’améliorer les menus dans les cantines scolaires. Notre action porte aussi sur la sensibilisation des enfants et des animateurs, notamment en valorisant notre outil pédagogique : Ludobio.

Web BD, livret, DVD… riche actualité éditoriale cette année !

Effectivement, plusieurs projets vont mobiliser l’équipe cette année sur les outils de communication afin de sensibiliser et informer un maximum de personnes. Dans le cadre de l’étude BioNutrinet Santé, financée par l’Agence nationale de la recherche, nous avions publié les premiers résultats sous forme d’une web bande dessinée appelée Qui sont les mangeurs bio ? L’objectif était d’informer et de dépasser les clichés sur les consommateurs de produits biologiques et de souligner l’importance de l’éducation dans les changements de comportements. En 2019, nous lançons un deuxième épisode de la web BD sur le thème des comportements alimentaires et de leurs effets sur l’environnement.

En parallèle, nous travaillons à la mise à jour du livret La bio en questions : 25 raisons de devenir bio consom’acteur. C’est un outil très prisé par les personnes qui nous posent régulièrement des questions.

Après une sortie au cinéma, en 2018, le documentaire Zéro phyto 100 % bio sera disponible en DVD à partir d’avril 2019. Ce documentaire est un levier pour accompagner le changement des collectivités territoriales sur l’utilisation des pesticides. C’est également un outil de sensibilisation transversale qui donne sens, à travers des expériences concrètes et les témoignages directs, au contenu de programmes et référentiels scolaires de la 4e à la terminale. Un dossier pédagogique a par ailleurs été créé pour accompagner les projections (téléchargeable sur Internet).

Quel bilan tirez-vous de vos actions auprès du grand public et des autorités (ministère de l’Agriculture, de l’Education) pour promouvoir une bio, locale, de saison et équitable ?

On observe un véritable essor des thèmes liés à la bio, à la saisonnalité et au local à travers le soutien à des agriculteurs. Nous sommes de plus en plus sollicités pour participer à des débats, des projections ou présenter nos actions auprès du Parlement européen comme association de consommateurs. Parce que notre voix compte, nous devons être de plus en plus nombreux à soutenir Bio Consom’acteurs qui, je l’espère, développera de nouveaux projets en lien avec la défense de la bio, une bio exigeante qui prenne en compte aussi bien le volet environnemental que social et économique.