L’engouement pour la cosmétique naturelle n’est plus une simple mode, mais une tendance de fond qui est devenue un véritable marché dynamique. Entre une prise de conscience accrue de l’écoresponsabilité et une forme de « cosmétophobie » (la peur des ingrédients synthétiques), les consommateurs se tournent massivement vers des alternatives plus saines et transparentes pour leur peau.
Un marché en pleine croissance et un désir d’authenticité
Historiquement, les soins de beauté existent depuis des millénaires, utilisant des ingrédients bruts, comme le khôl en Égypte antique (3 000 ans av. J.-C.) ou le miel et l’huile d’amande douce au Moyen Âge. Si le XIXe siècle a marqué le boom de la chimie dans la cosmétique, le XXIe siècle est caractérisé par un retour aux sources et l’émergence de labels certifiés pour encadrer cette quête de naturalité (comme COSMEBIO®, ECOCERT® ou BDIH®).
Aujourd’hui, l’objectif n’est plus seulement de marquer une appartenance sociale, mais d’obtenir une peau « fine, douce, sans imperfection » en privilégiant, si possible, les produits les plus naturels qui soient. Ce marché est florissant, avec un secteur en forte progression, notamment les soins pour le corps (+ 18 % de croissance en 2020 vs 2019) et le visage (+ 6 %).
La cosmétique maison : une approche écologique et ludique
L’une des manifestations les plus concrètes de cette soif de cosmétique naturelle est le do-it-yourself (DIY), ou la cosmétique maison. L’intérêt majeur de faire ses propres produits n’est pas économique, mais avant tout écologique et ludique. C’est un loisir créatif qui s’inscrit dans la tendance actuelle du cocooning, permettant de créer des soins intelligents et familiaux.
Toutefois, il est fondamental de comprendre que la cosmétique
maison est réservée à un usage personnel et ne peut en aucun cas être vendue.
De plus, faire un cosmétique relève de la formulation galénique, et non d’une simple « recette de cuisine ». Il existe trois types de produits réalisables : à partir d’ingrédients de cuisine ; de bases toutes prêtes ; ou de composants et ingrédients plus complexes.
Maîtriser les ingrédients de la cosmétique naturelle
La richesse de la cosmétique naturelle réside dans ses ingrédients actifs :
- les huiles essentielles (HE) : obtenues par distillation ou expression à froid, elles sont polyvalentes. On retrouve, par exemple, le géranium bourbon pour ses propriétés toniques et astringentes, ou la carotte, revitalisante et antiride. Pour les peaux matures, des huiles essentielles comme le bois de rose ou la rose de Damas sont prisées pour leur action régénératrice et antiride. Pour les peaux sensibles ou irritées, l’achillée millefeuille ou la camomille allemande offrent des vertus calmantes et cicatrisantes.
- les beurres végétaux : issus de la pression de graines oléagineuses, ils sont riches et protecteurs. Le beurre de karité est reconnu comme nourrissant, hydratant et cicatrisant, tandis que le beurre de cacao est utilisé dans les soins anti-âge et minceur ;
- les actifs ciblés : pour les peaux matures, l’acide hyaluronique est l’actif hydratant et repulpant de référence, tandis que la vitamine C combat les radicaux libres et les taches. Pour les peaux sensibles, l’allantoïne est un actif apaisant et hydratant, et les extraits de vigne rouge ou de petit houx sont excellents pour la microcirculation et l’effet « bonne mine » ;
- les argiles : d’origine minérale, elles sont utilisées en masques pour leurs propriétés naturellement purifiantes, apaisantes et adoucissantes. L’argile kaolin blanche est idéale pour les peaux sensibles, tandis que les argiles illite (verte, jaune, rouge) sont très absorbantes et purifiantes, parfaites pour les peaux mixtes à grasses.
La sécurité : le pilier de la cosmétique naturelle
Que ce soit pour le DIY ou les produits professionnels, la sécurité est primordiale. Il est essentiel de respecter les bonnes pratiques de fabrication (BPF), y compris des conditions d’hygiène rigoureuses (stérilisation du conditionnement à 100 °C). Une erreur de formulation ou une instabilité doit amener à jeter le produit, car il ne doit pas être appliqué.
Pour les professionnels, la législation est stricte. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) encadre l’évaluation de la qualité et de la sécurité d’emploi des produits cosmétiques. Le fabricant a l’obligation de s’assurer de l’innocuité de son produit et de constituer un dossier d’information produit (DIP), contenant notamment la formule qualitative et quantitative. Un système de cosmétovigilance permet également de contrôler les effets indésirables liés à l’utilisation des produits. En conclusion, embrasser la cosmétique naturelle nécessite un minimum de connaissances pour maîtriser la qualité et la sécurité. Il est souvent préférable de commencer par une approche « minimaliste » ou « extemporanée » (préparé en vue d’une utilisation immédiate).
Docteure en pharmacie, diplômée en phyto-aromathérapie ainsi qu’en dermo-cosmétique.
Depuis plus de 10 ans, elle transmet sa passion des plantes et de la cosmétique auprès des particuliers, reconversions professionnelles et professions de santé grâce à une plateforme de formations certifiantes unique en France accessible pour tous.










