Pour réduire nos consommations d’énergie et leurs impacts (financiers, environnementaux…), une vaste panoplie d’outils et de pratiques permet de gagner en sobriété. Plus on agit en amont, dès la conception du logement, plus il sera facile de réaliser des économies.
Cible no 1 : les apports passifs
Lors de la construction ou de la rénovation d’un bâtiment, les principes du bioclimatisme visent à tirer profit des ressources que son environnement peut lui offrir et à se protéger de ses nuisances. Le tout naturellement et gratuitement. Privilégier des vitrages généreux côté sud, avec des « casquettes » calculées pour que les rayons solaires chauffent l’habitation en hiver, mais pas l’été quand le soleil est plus haut dans le ciel. À l’inverse, limiter les ouvertures côté nord : l’absence d’ensoleillement direct y induit plus de pertes d’énergie que de gains. Ouvrir une fenêtre à chaque extrémité du logement génère une surventilation nocturne traversante qui évacue les surchauffes en été.
L’agencement des espaces a aussi son importance : les pièces de vie au sud, plutôt à l’est si l’on y passe du temps le matin, et à l’ouest si l’on y est plus en fin de journée. En suivant ainsi la course du soleil, on bénéficie de la lumière naturelle, ce qui évite d’allumer les lampes. Au nord, les toilettes ou les chambres que l’on occupe brièvement ou de nuit ont moins besoin d’éclairage.
Face aux vents dominants, une haie haute et au feuillage persistant protégera le bâtiment de pertes thermiques. Bien implantée, une végétation qui perd ses feuilles en automne offre de l’ombre en été mais laisse passer le soleil en hiver.
Des espaces « tampons » non chauffés (garage, appentis, véranda, cave, combles perdus…) constituent aussi une protection entre les températures intérieures et extérieures.
Cible no 2 : la production d’eau chaude sanitaire
Dans un logement bien isolé, elle devient le poste le plus énergivore (environ 50 % des consommations) devant le chauffage. Elle peut être chauffée par des panneaux solaires thermiques, la résistance électrique du ballon ne s’allume que quand le soleil manque. L’eau peut aussi être chauffée par une chaudière, un poêle ou une cuisinière à bois, dits « bouilleurs ».
Si l’on conserve un chauffe-eau électrique, on peut adapter si possible le volume du ballon aux besoins réels, car en moyenne un tiers de l’eau est chauffé inutilement. Pour minimiser ses consommations :
– le positionner au plus près des robinets, de la douche… ;
– baisser sa température de consigne à 55-56 °C ;
– l’envelopper dans un isolant souple ;
– isoler les tuyaux d’eau chaude et le premier mètre du tuyau d’arrivée d’eau froide ;
– installer sur les robinets des limiteurs de débit pour économiser l’eau sans perdre en confort (1,5 à 3 l/min sur évier, 3 à 4 l/min sur lavabo) et une douchette à 5 l/min.
On peut aussi installer un récupérateur de chaleur sur les eaux de la douche, qui utilise les calories de l’eau « usée » pour préchauffer l’eau froide.
Cible no 3 : le réfrigérateur
De même que pour un congélateur, plus le local qui l’accueille est frais, moins il utilise d’électricité. Il est dommage de consommer de l’énergie pour chauffer son habitat… et d’en dépenser encore pour en refroidir une partie ! En hiver, un garde-manger extérieur suffit à conserver bien des denrées, de même qu’une cave enterrée. En été ou en région chaude, un « frigo du désert » constitué d’un grand pot en terre cuite qui en contient un plus petit dans lequel on entrepose fruits et légumes crée de la fraîcheur grâce à l’évaporation de l’eau contenue dans le sable maintenu humide entre les parois des deux pots.
Cible no 4 : la machine à laver
Elle peut se raccorder à l’eau chauffée par des panneaux solaires, un poêle bouilleur ou même le cumulus électrique, en installant un mitigeur sur l’alimentation en eau du lave-linge ou du lave-vaisselle, ce qui lui évitera de déclencher sa résistance électrique, très énergivore. L’idéal est une machine dont le programme de lavage se règle indépendamment de la température : on peut la laisser sur « froid », quelle que soit la température de l’eau qu’on y fait entrer. Les plus sportifs peuvent fabriquer un lave-linge à pédales, en raccordant une machine classique à la chaîne d’un vélo ! Sur le même principe, il existe des générateurs et blenders à pédales.
Cible no 5 : la cuisine
Les solutions pour se passer de l’électroménager y sont nombreuses : four à bois extérieur (en pierre, en terre-paille…), cuisinière ou poêle à bûches ou à granulés de bois intégrant un compartiment four ou une plaque de cuisson, four, cuiseur ou séchoir solaires sous forme de boîtes ou de paraboles… Et même la « marmite norvégienne », boîte isolée dans laquelle on enferme sa marmite après un quart du temps habituel de cuisson. Le plat y finit de cuire sans autre apport d’énergie et reste chaud de très longues heures.
Cible no 6 : l’électroménager, l’électronique, l’éclairage…
Le site www.guidetopten.fr compare les appareils les plus économes : réfrigérateurs, machines à laver, téléviseurs, robinets et même les ampoules LED, qu’il faut choisir étiquetées A+, car même une LED peut être très énergivore.
Cible no 7 : nos comportements !
L’énergie la moins chère et la plus écologique étant celle qu’on ne consomme pas, il est de bon ton de s’interroger sur chaque appareil, surtout ceux munis d’une résistance électrique (sèche-cheveux, grille-pain, cafetière électrique, bouilloire…) : en ai-je vraiment besoin ? Si oui, existe-t-il une version manuelle ?
Voici aussi un jeu de piste à l’effet souvent spectaculaire sur la baisse des consommations : procurez-vous un wattmètre (à peine 20 €) et introduisez-le tour à tour entre chaque prise et l’appareil qui y est branché. On découvre ainsi la puissance appelée, les kilowattheures consommés en un temps donné… Cela révèle parfois que même une machine éteinte consomme de l’électricité 24 h/24 !
Des (multi)prises à interrupteur permettent d’éteindre facilement les veilles des appareils quand ils ne servent pas, comme le matériel hi-fi. Des horloges programmables (à partir de 10 €) à brancher sur une prise ou dans le tableau électrique éteignent automatiquement certains appareils aux heures choisies. Pour 30°€ à 35 €, un lot de quatre prises reliées à une télécommande permet de les éteindre individuellement ou conjointement. Pratique pour couper l’énergivore box Internet lorsqu’on s’absente ou se couche.
Auteur et rédacteur en chef adjoint du magazine La Maison écologique depuis 11 ans.
Site Internet : www.lamaisonecologique.com
À partir de la rénovation réussie d’un pavillon typique des années 1970 revêtu de ciment gris et au toit d’ardoises synthétiques, Gwendal Le Ménahèze a écrit ce carnet de bord qui aborde avec précision, sincérité et humour toutes les étapes à franchir pour créer un nid douillet, contemporain et sobre en énergie.
De Gwendal Le Ménahèze, coédition Terre Vivante et La Maison écologique.


