Faut-il, pour moins consommer, réduire nos besoins plutôt que de chercher à produire toujours plus de chaleur ? Confort thermique, modes de chauffage, énergies renouvelables… découvrez comment mieux conserver la chaleur et améliorer son ressenti pour se chauffer plus efficacement, tout en limitant la consommation d’énergie.
Voyons comment développer les moyens de limiter les besoins plutôt que traiter à l’infini des avantages ou limites de tel ou tel système… Tous engendrent une consommation : les vraies économies se réalisent en maîtrisant les besoins !
On chauffe pour atteindre un niveau de confort thermique ciblé, on parle alors de « température de confort »… Mais est-ce juste ? Est-elle la même pour chacun·e ? Femme ou homme, notre organisme ne réagit pas de même ; jeune ou âgé, les besoins évoluent ; nord ou sud, les habitudes diffèrent… Pourtant, les critères de perception du confort ou de l’inconfort ne changent pas.
Il n’est pas possible de les aborder ici en détail. Disons simplement que l’étanchéité au vent, l’humidité relative de l’air, la stabilité et l’uniformité de la température sont importantes et que, surtout, la température de surface des éléments (murs, sols, plafonds, ameublement…), chose peu connue, influence beaucoup nos ressentis.
On peut avoir froid dans un air chaud en présence de surfaces froides et, a contrario, ressentir du confort à une température moindre, exposé à des parements chauds !
Enfin, s’habiller chaudement à l’intérieur permet de limiter ses besoins de chauffage.
Chauffer, c’est compenser les pertes de chaleur
Pour chauffer moins, il faut limiter les pertes, donc isoler, mais pas que ! Il faut aussi améliorer ce qui génère les ressentis de confort.
Isoler consiste à intégrer ou ajouter une isolation dans la masse des parois. Le sol n’est pas exposé directement au froid extérieur et les pertes y sont naturellement faibles.
Les murs extérieurs peuvent être « isolés dans la masse » : ce sont les éléments ou une partie de leurs éléments qui l’assurent (pisé, torchis, bauge, paille, bois massif, béton de chanvre/chaux… et autres solutions de même type).
On peut leur ajouter un isolant rapporté, tel que des laines isolantes ou autres en remplissage de murs à ossature bois. On peut aussi leur ajouter un isolant en surépaisseur, par l’intérieur ou par l’extérieur.
En résumé : les isolants biosourcés, même s’ils ne disposent pas du meilleur lambda, présentent d’autres qualités qui, prises en compte dans leur globalité, les compensent largement ! Il est donc préférable de les choisir plutôt que des isolants pétrochimiques ou d’origine minérale, pour leurs meilleures capacités hygroscopiques, leur perméance à la vapeur d’eau, leur chaleur spécifique, leur déphasage, leur effusivité, leur diffusivité, leur origine renouvelable, leurs moindres émissions de GES, leur durabilité…).
Pour ce qui est des toits, généralement dépourvus de masse et pourtant parois les plus « fuyardes », l’isolation doit en être très soignée. Il faut y mettre le paquet : la sélection de l’isolant et sa mise en œuvre doivent être rigoureuses… La confirmation des performances théoriques en laboratoire dépend de l’adéquation des choix et de la qualité de pose !
Améliorer les ressentis de confort thermique
Les parements influent sur nos ressentis de confort ; en présence de murs extérieurs massifs, il peut s’avérer aussi efficace, voire plus efficace, de corriger thermiquement ces parois avec ce qu’on appelle un correcteur thermique plutôt que de les isoler.
Sans développer, on trouve parmi ces correcteurs les enduits ou les briques chanvre/chaux, les enduits terre/paille, terre liège, les parements bois (lambris, planches…), les tissus tendus ou collés, les papiers peints cellulosiques… Pour les sols, le linoléum (le vrai !), les dalles de liège, le parquet et tant d’autres solutions !
Bon, et s’il faut chauffer ?
Disons-le d’emblée, chauffer de l’air est la solution la plus pratiquée mais pas la plus efficace ! En effet, l’air dispose de faibles capacités de transfert de chaleur (chaleur spécifique et densité faible) et, de ce fait, si ces systèmes sont simples et peu coûteux à l’installation, ils nécessitent une température ambiante supérieure pour un même ressenti de confort… et engendrent donc une plus forte consommation !
L’air pulsé
Il s’agit d’éléments ou systèmes chauffant l’air directement et qui le propulsent ensuite dans le volume habitable.
Convection
Systèmes ou éléments qui chauffent l’air qui, ensuite, se met en mouvement et finit, ainsi, par se répartir dans le volume habitable
Le rayonnement
Il s’agit d’un échange direct de chaleur sous forme d’émission et captation de rayonnement infrarouge, entre les émetteurs et les capteurs, plus efficace à moindre température.
Miser sur ces systèmes est souvent plus complexe et coûteux pour leur réalisation, mais engendre moins de consommation à l’exploitation pour un même ressenti.
L’énergie de demain ?
L’énergie la moins chère et la moins aléatoire est celle qu’on trouve localement. Citons l’énergie solaire, la géothermie (de surface ou profonde), l’eau de surface telle que mare, puits, ruisseau…
Une pompe à chaleur, bien adaptée, permet de limiter les besoins d’énergie.
Mais mis à part le poêle à bûches, tous les systèmes nécessitent de l’électricité…
Le nec plus ultra…
L’été, capter de l’énergie via des panneaux solaires thermiques ou photovoltaïques, transférer cette énergie sous forme de chaleur dans un réservoir enterré rempli d’eau et, l’hiver, y puiser cette énergie pour alimenter une pompe à chaleur eau-eau…
Se chauffer sans surconsommer, c’est avant tout…
Réduire ses besoins en limitant les déperditions et en améliorant le confort thermique. Avant de produire plus de chaleur, apprenons donc à mieux la conserver et à mieux la ressentir.
Claude Lefrançois, alias Papy Claude
Expert en bâtiment ancien, formateur, auteur, pôle ressource analyse bâtis anciens. Auteur de Maison écologique : construire ou rénover ? et Les Clés du confort thermique écologique, aux éditions Terre Vivante.
Co-créateur de la formation et du réseau des Habitologues (www.habitologue.com), rédacteur sur Build Green et initiateur du groupe Facebook Rénovation pertinente.
- Site Internet : www.papyclaude.fr
- Blog : www.soigner-l-habitat.com
- Chaîne YouTube : Papy Claude / Soigner l’habitat


