BILLET

S’ABONNER, C’EST SOUTENIR

Lisa PUJOL

MAI 2022

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J’ai toujours pensé, dès la création de Biocontact en 1991, que l’information devait circuler sans entraves et que la gratuité était la meilleure stratégie. Bien sûr, tout cela a un coût. Nous nous finançons, comme vous le savez, par la vente d’encarts publicitaires, bien souvent dédiés à des produits disponibles dans votre magasin bio.

Mais aujourd’hui, les cartes sont rebattues. Nous subissons de plein fouet une sévère inflation des coûts que nous n’attendions pas.

Le prix du papier a connu une hausse de 45 % ces six derniers mois. En nous engageant sur une consommation annuelle de papier, nous avons réussi à contenir cette hausse, mais aucun papetier ne peut nous garantir la stabilité des prix sur le court terme. Les causes : la pandémie de la Covid-19 qui a ralenti la production de pâte à papier et accru les problèmes de transport, la concurrence acharnée des États-Unis et de la Chine, sans oublier le conflit aux portes de l’Europe, étant donné la place centrale de la Russie dans la production de gaz et de pétrole. Biocontact, qui est gratuit, ne peut évidemment pas augmenter son prix de vente, comme de nombreux éditeurs seront contraints de le faire.

Deuxième nuage dans le ciel du secteur de la presse : la taxe Citeo. Cet éco-organisme a pour vocation de financer les collectivités pour les aider à améliorer la collecte, le tri et le traitement des vieux papiers, piloter des programmes de recherche et développer de nouvelles filières de recyclage et sensibiliser le public au geste de tri. Pour cela, une écocontribution, calculée à la tonne de papier consommée, sera demandée aux « metteurs sur le marché » qui consomment plus de 5 tonnes de papier par an. Seuls les papiers d’un grammage de moins de 225g/m² sont impactés. Consommant environ 220 tonnes de papier (recyclé) par an, d’un grammage de 47 g/m², Biocontact est donc lourdement concerné.

Il est peu de dire que notre modèle économique est chahuté. Alors, que faire ?
– Faire payer Biocontact en magasin bio ? Une logistique complexe, pour des résultats potentiellement décevants.
– Augmenter le prix des publicités ? Une fuite des annonceurs assurée, car eux aussi subissent l’augmentation du coût de l’énergie.
– Réduire notre tirage ? Je m’y refuse.
– Passer au tout-numérique ? Selon le média en ligne Qu’est-ce qu’on fait ? (qqf.fr), le numérique, c’est 4,2 % de l’énergie primaire consommée par l’humanité (dont une bonne partie d’hydrocarbures et de charbon) et 5,5 % de l’électricité produite dans le monde. Si le numérique était un pays, il aurait environ deux à trois fois l’empreinte environnementale de la France. Dans un futur proche, Internet pourrait même devenir la première source mondiale de pollution. Pas très écolo tout ça…

Je sais que vous êtes très attachés à votre Biocontact, que vous trouvez gratuitement tous les mois dans votre magasin bio. C’est pourquoi je vous invite à nous soutenir via un abonnement payant (bulletin ci-dessous ou sur biocontact.fr) pour un prix raisonnable. Grâce à vous, nous pourrons ainsi maintenir notre tirage mensuel (environ 200 000 exemplaires) et vous proposer encore et toujours une information alternative et indépendante pour de longues années. Par avance, merci.