En ce mois de février, alors que la nature tourne encore au ralenti, nos salles de bains, elles, débordent. Encombrées de flacons à peine entamés et de promesses marketing non tenues, nos étagères reflètent une réalité alarmante : un·e Français·e sur deux avoue avoir déjà abandonné un produit cosmétique sans l’avoir terminé. Face à cette surconsommation chronique, une révolution douce s’opère : le retour à l’essentiel. Mais ne vous y trompez pas : réduire sa routine n’est pas un renoncement, c’est un raffinement
Submergés par une offre pléthorique et des discours marketing souvent contradictoires, nous perdons trop souvent notre boussole cutanée. Pourtant, la clé d’une consommation éclairée réside dans une distinction fondamentale, encore trop méconnue : la différence entre la nature profonde de notre épiderme (son type) et ses humeurs passagères (son état). Maîtriser cette nuance est le premier pas vers une routine efficace : c’est l’assurance d’apporter le bon message biologique au bon moment, évitant ainsi l’accumulation inutile de soins inadaptés qui finissent par saturer notre peau et nos étagères.
Les types de peau (l’identité)
- Sèche : manque de lipides. Elle tiraille, manque de souplesse et d’éclat.
- Grasse : excès de sébum, pores dilatés et brillance globale.
- Mixte : la zone T (front, nez, menton) brille, tandis que les joues restent sèches.
Les états de peau (la météo)
- Déshydratée : manque d’eau. Elle présente des ridules et « boit » les produits aqueux.
- Sensible : barrière cutanée affaiblie. Rougeurs et picotements sont fréquents.
- Acnéique : boutons et comédons, touchant aussi de plus en plus de femmes adultes.
L’astuce : pour différencier les trois, interrogez la durée du symptôme. Un ressenti présent « depuis toujours » est votre héritage génétique, il définit votre type. Une réaction apparue « depuis quelques semaines » (stress, saison) définit votre état.
Votre trousse beauté naturelle : les essentiels
Privilégiez les ingrédients bruts, polyvalents et biodégradables. Vigilance toutefois : leur haute concentration exige de respecter les dosages. En cosmétique, « plus » n’est pas synonyme de « mieux » ; saturer la peau d’actifs peut fragiliser la barrière cutanée.
Les huiles végétales
Elles remplacent les crèmes de nuit et de jour. L’huile de jojoba, dont la composition est proche du sébum humain, régule les peaux grasses. L’huile d’argan ou d’avocat protège les peaux matures et sèches.
Les hydrolats (eaux florales) :
Véritables lotions toniques naturelles. L’hydrolat de rose de Damas booste l’éclat, la lavande officinale purifie et le bleuet apaise les yeux fatigués.
L’aloe vera
Le « couteau suisse » de l’hydratation. C’est un sérum hydratant, un cicatrisant et un apaisant hors pair. Choisissez-le pur (gel natif) et conservez-le au réfrigérateur pour un effet décongestionnant.
L’argile
Un trésor minéral. L’argile verte (montmorillonite) est ultra-absorbante pour les peaux à imperfections. L’argile blanche (kaolin) ou rose est idéale pour les peaux sensibles, car elle nettoie sans décaper.
Les huiles essentielles
Des « boosters » à utiliser avec parcimonie – une goutte de tea tree sur un bouton, ou une goutte de géranium rosat pour l’éclat. Attention : elles sont déconseillées aux femmes enceintes.
Routine d’hiver : protection et réconfort
En février, le froid et le chauffage malmènent le film hydrolipidique. Voici comment adapter votre minimalisme :
Le matin : réveiller et protéger
- Réveil : vaporisez un hydrolat (hélichryse ou rose). Ne rincez pas à l’eau du robinet, elle est trop calcaire.
- Soin : appliquez une noisette de gel d’aloe vera sur peau humide.
- Scellage : chauffez 3 gouttes d’huile d’argan dans vos mains et massez. L’huile va « emprisonner » l’hydratation.
Le soir : nettoyer et réparer
- Démaquillage : l’huile végétale (même de tournesol bio !) dissout tout, même le mascara. Massez, puis rincez.
- Nettoyage : utilisez un savon à froid surgras pour éliminer les résidus.
- Soin profond : une fois par semaine, appliquez un masque d’argile blanche mélangée à une cuillère de miel et d’huile végétale pour nourrir et purifier.
Vers une beauté responsable
Consommer moins, c’est reprendre le pouvoir. C’est refuser le diktat de la nouveauté permanente pour privilégier la qualité intrinsèque de la matière première. En revenant aux ingrédients brut, nous ne prenons pas seulement soin de notre peau : nous participons à la préservation du monde vivant.
Docteure en pharmacie, diplômée en phyto-aromathérapie ainsi qu’en dermo-cosmétique.
Depuis plus de 10 ans, elle transmet sa passion des plantes et de la cosmétique auprès des particuliers, reconversions professionnelles et professions de santé grâce à une plateforme de formations certifiantes unique en France accessible pour tous.










