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Pollution de l’air intérieur : quels risques pour notre santé ?

© Andrey Popov / AdobeStock

Respirons-nous un air sain chez nous ? La pollution de l’air intérieur peut impacter la santé : découvrez les risques et les solutions.

L’air de nos espaces de vie et de travail, que l’on pense protégés de la pollution extérieure, est-il vraiment sain ? Biocontact a demandé au Dr Fabien Squinazi, médecin biologiste et expert en santé environnementale, de nous éclairer sur les polluants invisibles qui nous entourent et sur les solutions pour mieux respirer au quotidien.

Une étude récente a révélé la présence de 81 pesticides dans l’air intérieur, et 92 dans les poussières. Nos habitats sont donc plus pollués qu’on ne l’imagine ?

Les logements et bureaux sont soumis, tel des espaces clos, au transfert de polluants provenant de sources extérieures et aux émissions intérieures des composants du bâtiment et des activités des occupants. Depuis une vingtaine d’années, nous constatons une diminution des concentrations à la fois des principaux polluants extérieurs réglementés et de la plupart des polluants intérieurs. Les réglementations et normes environnementales et les actions de sensibilisation en sont sûrement la cause. Néanmoins, l’exposition des occupants est très variable : elle dépend des niveaux de la pollution extérieure de proximité et des actions des occupants sur leur environnement.

De quels types de polluants parle-t-on exactement ?

Il y a trois catégories de pollution dans l’air des espaces clos :

  • la pollution chimique : composés organiques volatils (benzène, formaldéhyde, terpènes…), composés organiques semi-volatils (phtalates, retardateurs de flamme…), dioxyde d’azote et monoxyde de carbone ;
  • la pollution physique : fibres, particules fines et ultrafines ou radon… ;
  • la pollution biologique : micro-organismes et allergènes.

 

Il existe une grande variabilité dans la présence de ces polluants, du fait de facteurs environnementaux et comportementaux. Toutefois, certains polluants sont régulièrement identifiés (formaldéhyde, particules fines), tandis que d’autres ne sont plus retrouvés (le perchloroéthylène utilisé dans les pressings, par exemple).

Quels sont les impacts de cette pollution sur la santé, à court et à long terme ?

Une dégradation de la qualité de l’air intérieur se manifeste à court terme par une irritation des yeux, de la peau ou des voies respiratoires (toux), des maux de tête, une fatigue anormale, une diminution des performances cognitives ou de la perception d’odeurs. Ces gênes ou nuisances, qui disparaissent à l’extérieur du bâtiment, touchent plus souvent les personnes sensibles. Puis surviennent des intoxications (monoxyde de carbone), des allergies respiratoires ou cutanées, et des maladies infectieuses. Enfin, l’exposition à long terme à des substances cancérigènes, mutagènes, toxiques pour la reproduction ou perturbatrices endocriniennes peut être responsable de maladies chroniques, respiratoires, cardiovasculaires, neurologiques ou cancéreuses.

La qualité de l’air intérieur est-elle devenue un sujet prioritaire de santé publique ces dernières années ?

Depuis 25 ans en France, l’évolution des connaissances a fait de l’air des espaces clos, où nous passons la majorité de notre temps, un enjeu de santé publique, mieux pris en compte par les pouvoirs publics. En effet, l’introduction de sources de pollution lors de la construction, de la rénovation ou de l’exploitation d’un bâtiment peut dégrader la qualité de l’air intérieur. Outre les polluants classiquement mesurés, il existe de nombreux polluants émergents (composés organiques semi-volatils, pesticides, substances per- et polyfluorées ou PFAS) qui affectent le bien-être et la qualité de vie des occupants.

Aérer son logement est-il suffisant pour se protéger ? Quelles sont les recommandations des autorités sanitaires ?

Il faudrait être « maître » des émissions de polluants de l’air intérieur en choisissant des produits et matériaux peu émissifs (étiquette A+), en limitant ou en évitant les produits de consommation fortement émissifs, en limitant les combustions ou en les traitant à la source. L’aération sera alors d’autant plus efficace pour éliminer polluants résiduels, effluents humains ou particules respiratoires. Il est recommandé d’aérer tôt le matin et tard le soir durant une dizaine de minutes, mais plus souvent en cas de ménage, de bricolage ou de rénovation des locaux, ou en présence d’une personne souffrant d’une maladie infectieuse respiratoire. Elle complète la ventilation, qui extrait l’humidité des pièces de service et l’air vicié du logement. Dans les bureaux, la ventilation assure le renouvellement mécanique de l’air intérieur par un apport d’air neuf. Les épurateurs d’air, en complément de la ventilation, nécessitent d’être validés in situ pour leur efficacité et leur innocuité.

Dr Fabien Squinazi

Ancien directeur du Laboratoire d’hygiène de la ville de Paris et membre du Haut Conseil de la santé publique, le Dr Fabien Squinazi préside depuis 2022 la commission spécialisée sur les risques liés à l’environnement.

Les crises sanitaires environnementales

Comment les éviter ?

Parfois déclenchées par des accidents dramatiques comme ceux de Seveso en Italie, d’AZF à Toulouse ou de Lubrizol à Rouen, les crises sanitaires environnementales de l’ère industrielle peuvent également découler de pollutions chroniques non anticipées et pourtant prévisibles comme l’amiante, le chlordécone, la légionellose ou les anciennes peintures au plomb.

Chacune de ces crises a renforcé la prise de conscience des risques que font courir à la santé humaine, mais aussi à l’environnement.

Pourquoi cette inertie politique qui conduit à la non-décision ? Quels rôles jouent les lobbys, les médias, les chercheurs, les experts et les citoyens ? Face au scepticisme de la population, comment rétablir la confiance ? Les solutions proposées visent à mieux anticiper et gérer les crises, en accord avec les préoccupations de la société.

De Francelyne Marano et Fabien Squinazi, éd. Quae.

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