BILLET

LES LEÇONS DU CORONAVIRUS

Jean-Pierre Camo

04/2020

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La pandémie de coronavirus qui s’est répandue à une vitesse folle sur tous les continents, et que seules les mesures de confinement semblent contenir, peut-elle ébranler les fondements de notre civilisation ? Inspirons-nous de deux des plus célèbres et non moins terribles exemples du passé avant d’en tirer des conclusions hâtives.  

Venue de la steppe eurasienne, en passant par la Perse, le Proche-Orient, l’Egypte et la péninsule arabique, l’épidémie de la Peste noire décima au moins un tiers de la population européenne au XIVe siècle. Elle avait tout simplement suivi les grands itinéraires commerciaux, très fréquentés, qui reliaient – déjà – l’Europe à l’Asie ! Du fait que le nombre de personnes en état de travailler avait drastiquement diminué, il était mécaniquement nécessaire de mieux les rétribuer, avec la clé la disparition du servage. Par ailleurs, dans la société agraire d’alors, l’excédent de terres sans propriétaires entraîna une chute de leur valeur. Les pauvres furent moins pauvres, les riches moins riches. Cette meilleure redistribution de l’argent fut à l’origine de la Renaissance.  

Deuxième exemple, la grippe dite « espagnole », probablement née aux Etats-Unis, qui a causé la mort de 20 à 50 millions de personnes dans le monde entre 1918 et 1919. Si effectivement les inégalités sociales ont bien régressé dans les années qui ont suivi, il est difficile d’en attribuer le « mérite » à cette seule pandémie car nous étions au sortir de la Première Guerre mondiale qui a non seulement causé la mort de millions de personnes mais rebattu en profondeur les fondements économiques de nos pays.  

Ces deux exemples partagent avec l’actuelle crise du coronavirus un point commun : la libre circulation des biens et des personnes – la mondialisation en termes modernes – un facteur accélérateur de la diffusion des virus. Et aujourd’hui plus que jamais : les échanges se font désormais à une vitesse folle avec le développement du trafic aérien : pensez qu’il faut à peine dix-huit heures de vol pour atteindre le coin le plus reculé de la planète !  

Pour autant, les pauvres seront-ils moins pauvres ? Il faudrait pour cela des millions, voire des milliards de victimes pour que la richesse soit distribuée à un nombre plus restreint de personnes. Scénario heureusement très improbable. Les riches seront-ils moins riches ? Peut-être. Pensez au récent effondrement des bourses et de pans entiers de l’économie, en particulier ceux du transport aérien et du tourisme, très impactés par les mesures de confinement.  

Y aura-t-il un « avant » et un « après » ? J’ai la naïveté de croire en une prise de conscience tardive mais salutaire : puisque le coronavirus cible en priorité les personnes au système immunitaire affaibli ou souffrant de maladies chroniques (diabète, insuffisance rénale, insuffisance respiratoire, hypertension…), il devient vital, à titre préventif et surtout très en amont, de limiter au maximum la survenue de ces affections, souvent évitables et rarement dues au hasard, à travers une hygiène de vie saine et une alimentation équilibrée, bio et variée.  

Ce qui n’empêche pas de vous protéger au moyen d’huiles essentielles choisies parmi celles dotées de puissantes propriétés antivirales : demandez conseil à votre aromathérapeute. Enfin, respectez à la lettre les sages consignes du Gouvernement !