BILLET

ANCIENNES, TRÈS ANCIENNES…

Jean-Pierre Camo

DéCEMBRE 2018

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En raison d’une course effrénée à la productivité au détriment de la qualité nutritionnelle, notre alimentation industrielle ne cesse de s’appauvrir. Ne dit-on pas qu’une pomme de 1950 équivaut à 100 pommes d’aujourd’hui ? La plupart des aliments non transformés que nous consommons – fruits, légumes et céréales – deviennent des coquilles vides sur le plan nutritionnel. Et le programme national nutrition santé a beau jeu de nous rappeler qu’il faut consommer au moins « cinq fruits et légumes par jour », parce qu’ils sont riches en vitamines, minéraux et fibres, certes, il omet de préciser que, justement, leurs vitamines et minéraux se raréfient. La solution ? Manger bio, évidemment, mais aussi des variétés anciennes, beaucoup plus concentrées en nutriments que leurs congénères modernes.

Quand on parle de légumes, on pense rarement aux algues, qui méritent amplement le titre de « légumes de mer ». Il est vrai qu’elles ne font pas partie – ou si peu – de notre culture. Et l’aspect gluant de certaines d’entre elles peut rebuter. En tous cas en Occident. Car les algues s’invitent volontiers dans les repas en Asie, et tout particulièrement au Japon ou en Corée. Saviez-vous qu’autrefois elles faisaient aussi partie de la base alimentaire en Angleterre et en Irlande ?

Les algues comestibles constituent de providentielles et inimitables sources de minéraux, oligoéléments et vitamines à une concentration proche de celle du plasma humain. Elles affichent également de bonnes teneurs en protéines végétales, en fibres mais aussi en antioxydants, qui permettent de lutter contre le stress. Alors, pourquoi ne pas se régaler d’un simple et délicieux tartare d’algues toutes affaires cessantes ?

En cosmétique, elles font aussi des merveilles : les extraits d’algues sont utilisés comme agents de texture (épaississants, gélifiants) et comme agents hydratants. Elles contiennent de nombreux actifs antioxydants, qui contribuent à lutter contre les radicaux libres et offrent ainsi des propriétés antirides et anti-âge.

D’autres algues, microscopiques cette fois, font et feront beaucoup parler d’elles : les microalgues – la spiruline et la chlorelle sont les plus connues. Parmi les toutes premières formes de vie sur terre, elles constituent la base de la chaîne alimentaire et sont à l’origine d’une grande partie de l’oxygène de notre atmosphère. C’est peu dire que nous leur devons la vie. Elles sont d’importantes sources de protéines végétales (quelques grammes de spiruline ont la même valeur protéique qu’un steak de bœuf !), acides gras essentiels (oméga-3, oméga-6), antioxydants, nombreuses vitamines. Bref, un complément alimentaire de premier ordre et entièrement naturel.

Enfin, saviez-vous que l’utilisation de lithothamne, une algue calcaire riche en calcium, magnésium et oligoéléments, fut l’un des piliers de la méthode d’agriculture biologique Lemaire-Boucher, élaborée dès 1959 ? En effet, cette algue, péchée au large des Glénan, en Bretagne, est reconnue comme un puissant activateur biocatalytique et rééquilibreur des sols.

J’évoquais plus haut l’intérêt de consommer des variétés anciennes de fruits et légumes, plus concentrées en nutriments de valeur. Mais question ancienneté, les algues battent tous les records. Il serait vraiment dommage de les dédaigner !

Jean-Pierre CAMO

Directeur de la publication et romancier

La saga du vinland De Jean-Pierre Camo
La saga du vinlandDe Jean-Pierre Camo, éd. Alphée, 472 p., 2008.

Revivez l’incroyable découverte de l’Amérique vers l’an mil par de valeureux Vikings, personnages hauts en couleurs et souvent méjugés. Fruit de quatre années de recherche, ce roman s’est voulu aussi proche que possible des textes médiévaux tout en adoptant une langue plus moderne. Certainement la plus grande aventure maritime du Xe siècle, comme si vous y étiez…

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