La bio s’élève aussi
L’impression d’une bio essentiellement maraîchère s’explique facilement : campagnes marketing green, logos composés de plantes, imaginaire romantique d’une ferme d’antan où les abeilles butinent en chantant et où poussent de généreux fruits et légumes grâce aux soins d’une fermière en salopette. Loin de cette image, la vie, la vraie : les élevages bel et bien bio… Omnivores, rassurez-vous, la porte de la consommation bio vous est aussi ouverte !
Ce type d’élevage prend en compte de nombreux critères, parmi lesquels l’origine des animaux (nés en élevage biologique, locaux et adaptés aux conditions climatiques du lieu d’élevage), leur alimentation (d’origine bio, en partie issue de l’exploitation elle-même et sans OGM), et la règle d’or bio en matière de santé : prévenir plutôt que guérir (notamment grâce à une alimentation riche, dense et bio, par un choix approprié des races et par le respect des conditions de vie animale). S’ajoute à ça l’obligation d’un espace minimal dans lequel vivront les bêtes, d’une aération dans les abris et d’une lumière naturelle suffisante…
Ainsi se développent des élevages plus respectueux, qui donneront une viande riche et de qualité (c’est-à-dire faible en gras saturé et avec des niveaux élevés de vitamines, notamment la E, et une quantité supérieure d’antioxydants).
… et quand bien même !
Bien que la production bio permette de répondre à l’ensemble des régimes alimentaires, il n’en demeure pas moins que correspondre au cliché du « mangeur de graines et de carottes » est loin d’être grave : peut-être même est-ce préférable. À condition, bien entendu, d’élargir ce cliché à l’ensemble des fruits et légumes. Il est aisé d’observer dans les magasins bio que ni la viande ni le poisson ne siègent sur le trône et que l’avantage est plutôt donné aux ersatz, aux légumes et aux légumineuses… tout simplement parce qu’il est temps de réduire notre consommation de viande, aussi bio soit-elle. Les légumineuses peuvent parfaitement assumer le rôle de source de protéines, végétales et accessibles financièrement à un plus grand nombre. Les légumineuses – de type soja, lentilles, pois chiches… – contiennent autant, voire davantage, de protéines que la viande ou le poisson. Associées aux céréales, comme c’est souvent le cas, elles remplacent parfaitement la fonction donnée à la viande. Quant aux légumes, que l’on nous recommande de manger quotidiennement, leurs bienfaits ne sont plus à prouver.
En somme et malgré sa fausseté, si cela permet de dépenser moins et de réduire notre impact environnemental, être un ou une « mangeuse de graines et de carottes » est un cliché que l’on épouserait volontiers !
Blanche Lafaurie, pour Bio Consom’acteurs.
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Depuis sa création en 2004, l’association Bio Consom’acteurs sensibilise aux questions et aux enjeux liés à l’agriculture et à l’alimentation bio, locales et équitables, de la fourche à la fourchette. Elle accompagne la transformation des collectivités et mobilise les citoyen·nes autour des défis sociaux, environnementaux et économiques d’aujourd’hui et de demain.


