vote - le Parlement européen refuse de sacrifier les abeilles sur l’autel du CETA

Les eurodéputés disent non au premier cas concret issu de l’accord de libre-échange signé avec le Canada (CETA). Le Parlement européen a rejeté le 13 mars dernier, à une large majorité, le projet de la Commission européenne qui prévoyait d’augmenter les limites maximales de résidus de plusieurs néonicotinoïdes, dont la clothianidine et l’haloxyfop-R, respectivement insecticide tueur d’abeilles et herbicide toxique pour la santé humaine.

Les eurodéputés socialistes et radicaux s’en félicitent. Pour Eric Andrieu, président de la Commission pesticides du Parlement européen (PEST), « nous n’acceptons pas de sacrifier nos abeilles et notre biodiversité et la santé de nos concitoyens sur l’autel du libre-échange. Ce texte est le premier cas d’école concret issu du CETA auquel nous nous sommes tant opposés : il s’agit de permettre l’importation de pommes de terre depuis le Canada qui contiennent des résidus dans des quantités supérieures aux normes autorisées par la réglementation européenne aujourd’hui en vigueur. »

« Une fois de plus, l’exécutif européen se retrouve à vouloir abaisser ses normes sanitaires, afin de les faire coïncider avec les traités commerciaux qu’elle a signés. La Commission européenne ouvre notre marché intérieur à des produits de pays tiers traités à la clothianidine, alors que cette substance est interdite dans l’ensemble de l’UE depuis 2018. C’est totalement inacceptable ! », s’insurge Eric Andrieu. La clothianidine, substance présente notamment dans le Gaucho, est un néonicotinoïde tueur d’abeilles : si nous l’interdisons en Europe pour protéger les abeilles, accepter des produits qui en contiennent revient à accepter de tuer les abeilles ailleurs. « Les abeilles n’ont ni religion ni nationalité. Elles sont notre bien commun à tous ! Nous dénonçons cette hypocrisie, d’autant plus que ces résidus peuvent être dangereux pour la santé des consommateurs, et qu’ils introduisent une concurrence déloyale entre producteurs canadiens et européens », ajoute l’eurodéputé membre de la commission de l’agriculture du Parlement européen.

Enfin, cette proposition de la Commission européenne pose la question de la stratégie européenne en matière d’environnement et de climat. « Quelle est l’utilité d’aller chercher à l’autre bout de la planète des produits dont on dispose déjà ? », ajoute Eric Andrieu.

Dans une seconde résolution, non contraignante cette fois, le Parlement s’est prononcé majoritairement pour l’interdiction de plusieurs autres néonicotinoïdes dont le thiaclopride. « Plusieurs publications scientifiques récentes ont démontré que la substance active thiaclopride affecte le système immunitaire des abeilles. Quand on sait que les abeilles pollinisent 84 % des cultures européennes et 4 000 variétés de végétaux et que le taux de mortalité des abeilles atteint les 80 % dans certaines régions d’Europe, faire preuve de laxisme quant à ces résidus toxiques est totalement irresponsable », conclut Eric Andrieu, vice-président des sociaux-démocrates européens.

 

Délégation socialiste française du Groupe de l’Alliance progressiste des socialistes & démocrates au Parlement européen

Site : www.deputes-socialistes.eu