cheapflation • ça continue !

La cheapflation consiste à réduire, à supprimer ou à substituer un ingrédient par un autre ingrédient moins cher et/ou de moins bonne qualité. Les trois marques interpellées par foodwatch ont confirmé ces changements.

Escalope cordon bleu poulet Le Gaulois : la marque a diminué la quantité de viande de poulet en salaison de 58 % à 54 % et d’emmental de 5 % à 3 % dans son escalope cordon bleu poulet. En parallèle, elle y a augmenté la quantité de chapelure de 22 % à 26 %. Entre avril 2022, date du changement de recette et mars 2024, le prix au kilo du produit a augmenté de 25 % en tenant compte de l’inflation (constaté chez Leclerc).

Hachés à poêler au jambon 100 % viande de porc Fleury Michon : entre 2020 et 2024, la quantité de jambon de porc est passée de 48 % à 35 %. Sur cette période, le filet de porc (11 %) a été remplacé par de la viande porc (33 %) : on ne sait pas de quoi est faite la viande de porc. Un additif et colorant, le caramel ordinaire, a été ajouté dans la recette. Ce produit a aussi été victime de shrinkflation, passant de 2 x 200 g à 2 x 190 g, son prix au kilo augmentait de 23 % (constaté chez Carrefour).

Skyr Siggi’s vanille : ce produit inspiré de la recette des yaourts islandais commercialisé par Lactalis-Nestlé Produits Frais a, en février 2023, vu sa quantité de sirop d’agave augmenter de 5,9 % à 6.3 %. Alors que le produit est plus sucré, la mention « recette simple, moins sucrée », induit en erreur et laisse penser que la recette a été améliorée, quand cette mention se rapporte simplement aux autres produits du marché. Entre la date du changement et mars 2024, en tenant compte de l’inflation, le prix au kilo a augmenté de 13 % (constaté chez U).

Pour Audrey Morice, chargée de campagnes chez foodwatch : « Ce qu’épingle foodwatch, ce ne sont pas seulement quelques produits : c’est une autre de ces pratiques abusives de l’industrie agroalimentaire qui, in fine, fait toujours payer les consommateurs et consommatrices plus cher. C’est parce que le secteur agroalimentaire manque de transparence et n’est pas régi par des règles suffisamment claires que ces magouilles sont possibles : foodwatch demande depuis plusieurs mois que le gouvernement encadre la construction des prix dans les supermarchés et fasse la lumière sur les profits de l’industrie et de la grande distribution ».

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