Destruction des nuisibles en France : une politique coûteuse, inefficace et remise en question par la science.
Chaque année en France, 1,7 million de renards, fouines, martres, pies, corbeaux et corneilles sont abattus dans le cadre d’une politique publique visant à limiter les pertes agricoles, protéger les biens et réduire les risques sanitaires. Pourtant, une étude récente du Muséum national d’Histoire naturelle, publiée dans la revue Biological Conservation, montre que cette destruction massive est inefficace et coûte très cher.
Les chercheurs ont analysé sept années de données départementales sur les animaux tués et les dégâts déclarés par les agriculteurs et les particuliers. En estimant le temps passé, les frais de transport, le matériel et les munitions, les auteurs évaluent le coût moyen de cette politique à presque 64 euros par animal tué (pour 12,4 millions d’animaux en 7 ans), un contrôle qui semble bien plus coûteux que les dégâts déclarés.
Les abattages coûtent chaque année entre 103 et 123 millions d’euros, alors que les pertes déclarées s’élèvent seulement à 8-23 millions d’euros, soit un coût huit fois supérieur aux dommages réellement subis.
Ces destructions privent aussi la société de services écologiques précieux. Les corvidés dispersent les graines, tandis que les renards et les mustélidés régulent les populations de rongeurs et protègent indirectement les cultures. Les auteurs recommandent de réviser cette politique et de privilégier des solutions non létales, comme les répulsifs, effaroucheurs ou protections des semences, pour réduire les pertes tout en préservant l’équilibre des écosystèmes et une cohabitation durable avec ces espèces.






