Réduisez vos biodéchets en appartement grâce à 3 méthodes simples : bokashi, lombricompostage et Enso, pour un engrais naturel sans odeurs.
Épluchures, restes de repas, déchets verts, papier, carton… les biodéchets représentent encore 30 % de nos poubelles ménagères. Pourtant, correctement compostés, ils peuvent être valorisés en engrais, même en appartement. Composter ses biodéchets est particulièrement gratifiant lorsque cette activité vient en complément du jardinage, que ce soit sur un balcon, une terrasse, en rez-de-jardin ou dans un jardin partagé.
Trois méthodes sont principalement disponibles pour recycler ses biodéchets dans l’espace exigu et l’environnement aseptisé d’un appartement : le bokashi, le lombricompostage et la méthode Enso, une technique inédite de compostage dans des seaux.
Le bokashi
Le bokashi est plus une méthode de stockage des biodéchets qu’une technique de compostage. Les déchets sont déposés en couches successives dans un récipient étanche où ils sont stabilisés par lactofermentation. Cela nécessite l’ajout d’un inoculum spécifique à chaque apport de biodéchets. La lactofermentation produit un jus (ou un thé) qui servira d’engrais liquide pour vos plantes après avoir été fortement dilué. Les biodéchets peuvent être stockés plusieurs semaines dans un bokashi. Une fois le récipient rempli, les biodéchets doivent passer par la phase de compostage proprement dit selon un processus aérobie. Pour cela, les déchets sont soit déposés dans une borne de collecte installée par votre municipalité, soit traités par vous-même selon la méthode Enso.
Avantages : stockage des biodéchets sans odeurs et sans moucherons, limite les allers-retours vers une borne d’apport volontaire.
Inconvénient : les déchets ne sont pas totalement dégradés. Ils doivent passer par une deuxième phase de compostage aérobie en dehors du bokashi, pour arriver à un produit stable qui ressemble à du terreau.
Lombricompostage
Le lombricompostage repose sur l’action de petits vers que l’on trouve dans les premiers centimètres du sol : les Eisenia. Pas besoin d’aller dans la nature pour s’en procurer, ces maîtres composteurs s’achètent sur Internet. Les vers sont mélangés aux déchets dans un lombricomposteur : récipient comportant plusieurs étages correspondant aux différents stades de décomposition de la matière organique. Les vers vont se nourrir des biodéchets, les digérer et les excréter. Parallèlement on récupère du lombri-thé, un liquide brun qui constitue également un très bon engrais. Cette technique demande un certain savoir-faire car les vers sont assez délicats. Ils ne supportent pas les fortes températures et certains aliments ne leur conviennent pas, les plantes de la famille de l’ail et de l’oignon notamment.
Avantages : forte réduction du volume des déchets, production d’un compost et d’un engrais liquide d’excellente qualité, sans odeurs.
Inconvénients : les vers ne supportent pas les canicules estivales, certains déchets ne sont pas acceptés, présence de moucherons en été. De plus, la vidange des bacs est délicate car le lombricompost a une texture collante.
La méthode Enso
La méthode Enso ne nécessite ni inoculum, ni vers de compost. Comme pour le bokashi, les biodéchets sont déposés par couches successives dans un seau. Chaque couche est recouverte de terreau horticole et de copeaux de chanvre de façon à ensemencer ce substrat en micro-organismes et à contrôler l’humidité. On peut également ajouter un activateur de compost du commerce. L’ensemble est brassé régulièrement, ce qui provoque une intense oxygénation et la dégradation en aérobie des biodéchets. Il n’y a pas de production de thé, la totalité de l’humidité des déchets reste dans le seau, ce qui demande des ajustements réguliers avec les copeaux de chanvre. Les déchets stockés dans un bokashi peuvent être compostés avec la méthode Enso.
Avantages : pas de vers, supporte les fortes températures et de longues périodes d’absence, la vidange des seaux est facile car le compost obtenu est friable.
Inconvénients : nécessite un brassage régulier et peut générer des odeurs, présence de moucherons en été.
Agronome-jardinier
Après avoir présenté les principes du compostage, Jean-Paul Tranchant explore trois méthodes pour recycler ses biodéchets dans l’espace exigu d’un appartement. Testées pendant neuf mois, comparées et évaluées avec rigueur, ces solutions sont faciles à mettre en œuvre avec peu de matériel. L’auteur explique également comment éviter tous les effets indésirables – odeurs, moucherons… – qui peuvent décourager. Avec ce guide, recycler ses biodéchets n’a jamais été aussi simple !











