Apprenez à choisir un voyage responsable : critères, labels, slow tourisme et conseils pour éviter le greenwashing et voyager autrement.
Depuis une vingtaine d’années, les vocables « durable » ou « responsable » ont envahi le monde du tourisme et des agences de voyages. Mais bien souvent, ces termes relèvent surtout du marketing et d’un simple verdissement d’offres à peine plus écoresponsables que celles du tourisme classique et industriel. Dès lors, comment distinguer un tourisme réellement responsable d’un simple argument commercial ?
L’écotourisme et le slow tourisme, organisés principalement par des artisans du voyage implantés sur leurs territoires respectifs, peuvent être qualifiés de tourisme responsable pour préserver l’environnement naturel et humain desdits territoires, et parfois leur permettre de créer de nouvelles aménités. On parle alors de tourisme à visée régénérative.
Si l’écotourisme existe depuis longtemps, le slow tourisme n’émerge que depuis quelques années.
Zoom sur le slow tourisme
Le slow tourisme valorise la lenteur, l’immersion et l’expérience sensible du territoire, afin de favoriser une découverte approfondie et respectueuse. Il s’intéresse à la biodiversité, aux paysages, au patrimoine local, historique, culturel, gastronomique et œnologique, est sensible au bien-être animal, ainsi qu’à la protection de l’environnement naturel et humain du territoire visité ou d’accueil.
Il privilégie l’immersion au sein d’un territoire plutôt que la quête effrénée de sites touristiques et les visites des « incontournables », favorisant ainsi une microéconomie irriguant les acteurs locaux.
Il utilise des modes de transport peu émetteurs de CO2 et promeut l’itinérance en privilégiant la mobilité douce : la randonnée (pédestre, en raquettes, à skis, à cheval), le vélo, les déplacements avec un équidé, le voilier, le canoë, le bateau électrique ou le train, ou tout autre moyen de déplacement peu ou pas émetteur de gaz à effet de serre et ne générant pas de perturbations pour les habitants ou la faune.
Le tourisme classique et le surtourisme
En cela, le slow tourisme s’oppose au tourisme classique, inscrit dans la macroéconomie, peu redistributif et générant fréquemment des surfréquentations. Celles-ci découlent de divers facteurs : non-prise en compte de la capacité d’accueil des territoires, délégations au secteur privé, communications sur les itinéraires et les incontournables, économie privilégiant le nombre à la qualité, gouvernance inadaptée (millefeuille administratif, élus ou gestionnaires d’organismes de gestion des destinations non formés…).
Les labels, référentiels et chartes
Il existe pléthore de labels dans le domaine du tourisme, mais beaucoup ne servent que des intérêts particuliers et reposent sur des critères non contraignants.
Le propre d’un label est de garantir la qualité d’un produit, une offre unique, et pas des voyagistes ou des gammes de séjours.
En outre, un label ou référentiel sérieux se doit de comporter des évaluations de terrain.
C’est le cas pour Esprit Parc (parcs nationaux), Valeurs Parc (parcs naturels régionaux) et SEVVE©, qui comprend cinq référentiels établis par des spécialistes : séjours et circuits, territoires, hébergements et campings, événementiels, faune et bien-être animal.
D’autres concernent des domaines d’activité : Accueil vélo, Accueil paysan, Vignobles & Découverte, Tourisme & handicap…
Par ailleurs, il existe aujourd’hui 13 chartes sérieuses et utiles couvrant l’ensemble du secteur, car s’engager à respecter une charte vaut souvent mieux qu’un label exogène.
Les hébergements
Le Guide des démarches de labellisation et chartes sérieuses et utiles, publié en 2025 aux éditions Kalo Taxidi, les présente. On trouve des gîtes conçus de manière à limiter les émissions de GES, accessibles aux personnes à mobilité réduite, gérés par des personnes soucieuses d’un modèle social équitable pour les employés et habitants, ainsi que des structures d’accueil bien intégrées au sein de territoires déterminés, parfois implantées au sein de fermes comme les écolodges de Puyferrat en Martinique ou la Parenthèse Meslandaise, située dans le Loir-et-Cher et composée d’hébergements insolites.
Certains campings sont également adaptés à de tels séjours.
En revanche, il convient de se méfier du vocable « écolodge de luxe », car celui-ci est rarement compatible avec la sobriété promue par le slow tourisme.
Conseils pratiques
Afin de pratiquer un slow tourisme non frelaté, il est important de suivre les conseils suivants :
- Choisir un moteur de recherche sans liens sponsorisés, par exemple Lilo.
- Privilégier les artisans du voyage et acteurs locaux et ne pas s’adresser aux structures industrielles.
- S’informer sur le guide : est-il diplômé, spécialiste, non interchangeable ? Car le médiateur est l’élément du séjour le plus important.
- Éviter les hautes saisons touristiques et destinations médiatisées.
- Choisir des programmes laissant du temps à la rencontre et aux échanges.
- Se méfier de certains labels. Beaucoup d’acteurs du secteur n’ont pas les moyens ni l’envie de se faire labelliser.
- Consulter les offres et expériences labellisées ou évaluées, sélectionnées par l’Association nationale de l’écotourisme et du slow tourisme (ANEST, www.eco-slow-tourisme.org/offres).
Président fondateur de l’Association nationale de l’écotourisme et du slow tourisme (ANEST) et de l’Association des voyageurs et voyagistes écoresponsables (V.V.E), il est acteur de terrain depuis 45 ans en tant que guide et moniteur de ski et a publié plusieurs ouvrages ainsi que de nombreux articles destinés au grand public.
Plus d’infos :
- Les ouvrages publiés par l’auteur : babelio.com/auteur/Jean-Pierre-Lamic/450564
- Le Média du voyage durable. Vous y trouverez également les référentiels SEVVE©: levoyagedurable.media/articles
- L’Association nationale de l’écotourisme et du slow tourisme (ANEST) : eco-slow-tourisme.org
Guide des démarches de labellisation et chartes sérieuses et utiles
De Jean-Pierre Lamic, éd. Kalo Taxidi.
En quelques années, nous sommes passés de 12 démarches de « labellisation » concernant le tourisme (identifiées en 2010) à 50 en 2025 ! Comment le consommateur peut-il s’y retrouver ? Et surtout, auxquels peut-il faire confiance ? C’est ce à quoi ce guide tente de répondre, en sélectionnant les démarches sérieuses et utiles, et en les détaillant.


