Cadmium et agriculture : pourquoi le bio se distingue, avec des seuils plus stricts et des pratiques limitant l’exposition alimentaire.
En février, l’Anses a publié un travail d’ampleur sur la priorisation des leviers d’action pour réduire l’imprégnation de la population française au cadmium. Le cadmium, ce métal lourd jugé cancérigène présent dans les sols, se retrouve en quantité dans les phosphates importés pour la fabrication des engrais utilisés en agriculture. Toutefois, les agriculteurs bio y ont découvert une comparaison mettant bio et conventionnel sur un pied d’égalité.
En réalité, la réglementation bio impose des seuils beaucoup plus stricts pour les phosphates miniers, limitant leur concentration à 60 mg/kg, soit 30 % de moins que les 90 mg/kg autorisés en agriculture conventionnelle. De même, les composts de biodéchets utilisés en bio doivent respecter une limite de 0,7 mg/kg, soit 75 % de moins que la limite de 3 mg/kg autorisée pour le conventionnel.
Par ailleurs, les agriculteurs bio utilisent peu, voire pas du tout, de phosphates miniers. L’étude Phosphobio menée par Arvalis observe que les phosphates miniers représentent moins de 1 % des usages en bio. Les agriculteurs et agricultrices bio privilégient les engrais organiques et les effluents d’élevage.
Plus d’infos : Fédération nationale d’agriculture bio
Note de la rédaction
Selon l’Anses, l’alimentation pourrait représenter jusqu’à 98 % de l’exposition au cadmium.
Une méta-analyse de 2014 conclut que les produits bio contiendraient 48 % de cadmium en moins que les produits conventionnels. Choisir l’agriculture bio n’est pas une solution miracle mais permet néanmoins de réduire sensiblement cette exposition.
L’Anses recommande de limiter sa consommation de produits à base de blé sucrés et salés, de privilégier les légumineuses (à la place des pâtes par exemple), ainsi que de diversifier ses sources d’approvisionnement en alternant des produits issus de différentes zones ou filières.






